Pour un atlas des figures : deux nouvelles publications

dates:  -
lieu:  http://www.pourunatlasdesfigures.net/

 

Pour un atlas des figures a l'honneur d'accueillir sur son site deux nouvelles contributions, importantes pour une approche critique du geste et de la corporéité : une traduction inédite et un article qui nous sont offerts par la philosophe Emma Bigé.
 

Orange mécanique, Stanley Kubrick, 1971

L'actualité française de cet été 2023 est marquée par des faits de violence policière dont la nouveauté ne tient pas seulement aux seuils d'insupportabilité qu'ils franchissent. Ce qu'il y a de nouveau, c'est aussi que les ressorts néo-coloniaux de ces violences commencent enfin à percer le mur du déni, celui qu'un certain catéchisme "républicain" voudrait imposer à l'opinion publique, s'agissant de questions raciales.

C'est dans ce contexte qu'Emma Bigé nous offre ces deux contributions, essentielles pour mieux comprendre comment, dans une perspective post-coloniale, les cycles traumatiques de la violence traversent les corps et aliènent les gestes, et pour imaginer quelles dissidences somatiques pourraient enrayer ces cycles.

La première contribution est une traduction d'un article de læ linguiste américain.e Mel Y. Chen : Agitation.

"Dans ce texte à l’intersection des études sur le geste, des études critiques de la race et des études handies, Mel Y. Chen propose une traversée des scènes médicales, policières et juridiques où l’excès de geste, où les gestes de travers, font peser sur certaines vies la menace de la tuabilité quotidienne", écrit Emma Bigé.

Cette "tuabilité" de certains corps, la société française a pu la découvrir à l'occasion du meurtre du jeune Nahel M. par un policier, à Nanterre le 27 juin dernier (et seulement parce que, dans ce cas, le crime a pu être filmé).

La seconde contribution est un article qu'Emma Bigé a écrit peu de temps après les émeutes consécutives à ce meurtre, intitulé Les corps de la brutalité policière. Pour un abolitionnisme somatique.

Elle y rend compte des implications somatiques que peuvent avoir les violences policières, à la fois pour les corps brutaux (corps policiers, ou « bleus »), pour les corps brutalisés (corps « noirs »), et pour la fausse fragilité des corps « blancs », qui sert de justification à cette brutalité.